Un fauteuil roulant intelligent testé à Rennes

Lu dans Ouest France – édition Rennes

Crédit photo : Ouest France

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Chercheurs, médecins et entrepreneurs rennais ont conjugé leurs talents pour rendre des fauteuils électriques très intelligents. Capables d’éviter des obstacles et de trouver la meilleure trajectoire.

Avez-vous déjà pris les commandes d’un fauteuil roulant électrique ? Sans doute que non. Bien que de plus en plus sophistiqués, ces engins ne sont pas si faciles que ça à « piloter ». Et encore moins lorsque l’on souffre d’un handicap vous privant d’une partie de votre champ de vision et d’une amplitude de mouvements très limités. Passer une porte étroite, entrer dans un ascenseur ou contourner un obstacle peut alors se révéler éprouvant.

 

C’est en tenant compte de ces différentes problématiques qu’est né le projet Handiviz. « C’est une solution d’assistance à la conduite et de pilotage de fauteuil roulant, explique Marie Babel, chercheuse en robotique à l’institut national des sciences appliquées (Insa) de Rennes. Nous avons mené ce travail collaboratif avec l’entreprise Ergovie, spécialisée dans le matériel pour personne à mobilité réduite, et le pôle de médecine physique et de réadaptation Saint-Hélier. » Un trio regroupant donc des chercheurs, des médecins et une entreprise pour une efficacité maximale et un véritable échange de savoirs.

« Le but était vraiment de concevoir un système au plus faible coût possible et qu’il soit facilement adaptable sur des fauteuils roulants existants, poursuit Marie Babel. Pas question, par exemple, d’utiliser des lasers qui sont très performants mais aussi très coûteux. »

 

Protection virtuelle déformable

Avec son collègue chercheur François Pasteau, Marie Babel va donc faire preuve de beaucoup d’ingéniosité. À défaut de lasers trop chers, elle a utilisé des capteurs à ultrasons et des petites caméras.« Le fauteuil, équipé de plusieurs capteurs, détecte alors tous les obstacles autour de lui. Grâce à un logiciel que nous avons développé, il va les contourner et le redirige vers la meilleure trajectoire. » Facile à expliquer mais complexe à réaliser. « En fait, nous créons une véritable protection virtuelle déformable autour du fauteuil, affirme Luc Le Pape d’Ergovie. Cette protection se déformera en évitant que le fauteuil touche lui-même un obstacle. »

 

Autre avantage et non des moindres : « Grâce à ce système, des personnes handicapées qui ne pouvaient pas utiliser de fauteuils roulants pour des raisons de sécurité pourront y avoir accès »,précise le Dr Phillippe Galien. C’est très important pour leur autonomie mais aussi leur moral. » Hier, à la clinique Saint-Hélier, c’est une personne handicapée qui l’a testé avec succès et a pu parcourir, son problème, un parcours truffé d’obstacles. Sans l’aide informatisée, il n’aurait pas pu en venir à bout sans aide extérieure.

 

Un système qui devrait être commercialisé; Déjà de très nombreux fabricants de fauteuils roulants, français et étrangers s’y intéressent.

En France, entre 3,3 et 5 millions de personnes sont handicapées, dont 800 000 ont besoin d’un fauteuil roulant.

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