Au nom de la mobilité et de l’équité pour tous

Dans le cadre d’une réflexion globale sur le service HANDISTAR, Rennes Métropole met en place une expérimentation sur l’ouverture de ce service aux personnes présentant des déficiences des fonctions mentales, cognitives ou psychiques. Jusqu’à présent, seules les personnes présentant des déficiences des fonctions physiques et sensorielles pouvaient avoir accès au service.

 

3 questions à Jean-Jacques Bernard, Vice-président, délégué aux transports et aux déplacements à Rennes Métropole.

 

Pourquoi Rennes Métropole a souhaité ouvrir le service HANDISTAR aux personnes souffrant de déficience mentale, cognitive et psychique ?

 

Notre objectif, je le rappelle, est bien d’offrir à un maximum de personnes l’accès au réseau bus-métro et notre Agglomération a toujours affirmé une politique très volontariste dans ce sens. Dans le cadre de nos échanges réguliers avec les représentants d’associations réunies au sein du Collectif Handicap 35 sur les services publics de mobilité, il nous avait été remonté une difficulté voire une incapacité pour une certaine partie de la population, d’accéder au réseau STAR. En effet, certaines personnes avec une déficience mentales, cognitives ou psychiques présentent des troubles comportementaux non compatibles avec l’usage du bus et du métro et non compensés par la présence d’un accompagnateur sur le réseau STAR.

Nous avons donc réfléchi à une expérimentation qui se déroulera sur l’année 2018 pour permettre à ce public de se déplacer. En fin d’année dernière, le conseil communautaire de Rennes Métropole a voté favorablement pour une expérimentation de ce nouvel accès au service HANDISTAR.

 

Pourquoi parle-t-on d’expérimentation ?

Dans un souci d’équité d’accès vis-à-vis de l’ensemble des usagers du service HANDISTAR, l’évaluation de l’accès au service portera toujours sur un principe de mobilité, à savoir : évaluer l’incapacité de la personne à prendre le bus seule ou accompagnée. C’est pourquoi, l’expérimentation sera menée selon les conditions d’accès et de fonctionnement actuels du service.

La commission devra ainsi juger, si une personne déficiente mentale, cognitive et psychique peut ou non prendre le bus ou le métro seule voire accompagnée, ou, au contraire, prétendre au service HANDISTAR. Enfin, l’expérimentation doit aussi permettre à terme d’estimer son impact sur l’ensemble du service, notamment en tenant compte de la fréquentation, des moyens humains et matériels à mobiliser. Elle sera bien sûr menée avec l’appui des membres du Collectif Handicap 35 et la représentation la plus large possible des associations adhérentes susceptibles d’être concernées par cette expérimentation.

 

Cette ouverture du service va-t-elle participer à un changement de regard sur les personnes souffrant de déficiences mentale, cognitive et psychique?

Plus que le regard, ce sont les conditions de vie qu’il faut envisager. Prenez l’emploi : il conditionne la vie quotidienne. La mobilité est ici essentielle pour les personnes en âge de travailler et donc d’être d’indépendantes.

De plus, la notion d’équité est fondamentale pour un service public : il est important que chaque habitant de Rennes Métropole puisse bénéficier d’une offre de transport, facteur d’intégration déterminant. Dans ce sens, HANDISTAR est en soi un service essentiel dans cette chaîne de la mobilité pour tous.

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